Michael Jackson, the Story of his Music


Quincy Jones, Michael Jackson et Bruce Swedien, Westlake Studio, Hollywood, 1987.


J'avais 6 ans lorsque j'ai entendu Thriller pour la première fois. C'était absolument géniale comme musique, et je dansais dessus comme un fou. Je suis sur que vous avez déjà vu de jeunes enfants se trémoussant dans tous les sens à l'écoute d'une musique rythmée. Hé bien j'en étais sur Thriller.

Grandissant, plus j'écoutais des musiques différentes, et plus ma culture musicale s'étoffait, et en même temps plus je me demandais pourquoi j'aimais autant sa musique par rapport aux autres... sans vraiment savoir pourquoi.

Aujourd'hui, je voudrais essayer de rentrer dans l'intimité de sa musique, et mieux comprendre le sens de ces mots qui souvent le caractérise : le chant, la danse, l'inspiration, la créativité, le travail, le talent, la volonté...

Au travers de nombreuses recherches puisées dans la presse, la littérature et internet, voici un recueil de citations dûment choisies pour nous éclairer. La thématique sera abordée à la fois de l'intérieur, c'est à dire que c'est Michael lui-même qui s'explique ; et de l'extérieur, par des commentaires de personnes proches ayant travaillées à ses cotés.

Cette rubrique étant très largement incomplète, n'hésitez pas a m'envoyer des citations allant dans le sens de cette thématique, je me ferai une joie de les ajouter.


 

Il nous faudra sans doute imputer à la même sensibilité aigue, intense, le fait encore que MJ, puisse changer un arrangement musical au départ classique, en une sorte de quasi trait de génie. Ainsi, qui oserait à son propos parler d'arrière-fond sonore ? [...] Les guitares tricotent, caressent, fricotent, pressent. Impromptu, voici un solo cinglant dû à tel ou tel musiciens. On ne sait plus guère ou donner de l'oreille quand surgit, débordant le tout, la voie suavo-frictionnante de Michael. Déroutante alchimie... Magasine Life, 1984.

 

Il n'y a pas que la musique, en ce Michael Jackson qui soit totalement nouvelle. Il y a son sens de la scène, cette gestuelle unique, cette silhouette en toutes reconnaissable. Maître absolu d'une voix qu'il rend à  son gré rieuse ou haletante, Jackson est en train de nous réinventer le rythme, le vrai, sans recourir aux complications éthnico-modernistes de certaines autres vedettes. A coup sur, il éprouve, en chantant, une émotion cent fois supérieurs à celle que doivent connaître la plupart des autres vocalistes notoires du moment; et, parvenu dorénavant au degré de perfectionnisme qui est le sien, il la fait passer a merveille.

 

 

Créer des chansons est un art qui peut se révéler très frustrant. L'objectif est d'enregistrer sur une bande, exactement ce que vous entendez dans votre esprit. La musique que j'entend ici (Michael pointe le doigt en direction de sa tête) est merveilleuse. Et je dois la mettre sur une bande. The Girl is Mine, par exemple, est une chanson dont je ne suis pas complètement satisfait. Même si c'est une jolie chanson, je la voyais autrement. Heureusement il y a Billie Jean. J'ai travaillé tellement dur sur ce morceau... Rien que pour enregistrer la ligne de basse, il m'a fallu 3 semaines de travail.
Michael Jackson, TV Guide, 30 Nov 1999.

 

Michael et moi avons perdu contact après que j'ai enregistré quelques chansons pour son album Thriller. Il ne les a jamais utilisées. Je crois qu'il n'a pas du comprendre mon sens du l'humour.
Freddie Mercury, 1986.

 

 

Michael est un innovateur. Je respecte son talent et sa créativité ainsi que son habileté à faire de la musique agréable à écouter. Il fait des chansons qui dégagent quelque chose à travers le monde. De belles chansons, des chansons qui n'offense pas mon esprit... Il faut donner beaucoup pour obtenir quelque chose qui donne beaucoup en retour, et c'est la philosophie de Michael au quotidien. Il a été béni par de nombreux talents, mais il y a un prix a payer pour cela : il faut travailler pour partager son talent avec les autres. Et ça, personne ne le fait aussi bien que Michael Jackson.

Andraé CROUCH,  pasteur de l'église "Christ Memorial" de Pacoima. Il chante les choeurs de Man In The Mirror, Will You Be There, Keep The Faith, They Don't Care About Us, Earth Song, You Are Not Alone et History. Interview, Black & White magasine, 1995.

 

Quand l'enregistrement de l'album Thriller a été terminé, j'ai su que ce serait un carton. Je l'ai su dès que j'ai écouté la version finale du disque car j'en ai eu la chair de poule. C'est un signe qui ne trompe pas ! Tout le talent qui prenait forme en Michael Jackson depuis 24 ans venait de jaillir. J'étais électrifié, comme tout ceux qui étaient impliqués dans ce projet. L'énergie que nous ressentions tous étaient palpable, à tel point qu'un soir, les hauts parleurs du studio ont pris feu ! Il y a eu une surcharge et ils ont explosés ! C'était la première fois que je voyais ça en 40 ans de carrière...  Quincy Jones, 1984.

C’est en laissant Dieu vous murmurer des choses à l’oreille que vous saurez quoi faire. Bien entendu, rien n’aurait été possible sans une équipe au top : Rod Temperton, Bruce Swedien, Jerry Hey, Greg Phillinganes et tous ceux qui ont apporté leur contribution. Il n’y a pas mieux qu’une collaboration créative. C’était passionnant, car à l’époque nous étions très aventureux et n’avions peur de rien. Je ne pense pas qu’un choc semblable à "Thriller" pourra être réitéré à l'avenir. Avoir été impliqué dans la création d’un tel album est un formidable cadeau de Dieu.  Quincy Jones, Billboard magasine, 12 Janvier 2008.

 

C'est un putain de méga artiste, 100% authentique. C'est le seul gars que j'ai rencontré qui ne soit pas faux ; dans ce style de musique je veux dire. [...] On me donne un cadre de travail, je fais ma partie qui est ensuite montée. Je me demande parfois à qui ça va ressembler, mais à chaque fois le boulot est super. [...] Je dois reconnaître que travailler avec Michael Jackson, ce n'est pas comme travailler avec son petit groupe de rock rebelle.
Slash (guitariste des Guns N' Roses) que l'on retrouve notamment sur Give In to me et Black or White. Interview de 1995.

 

Enregistrer Invincible m'a pris du temps car je ne suis jamais satisfait de mes chansons. J'écris un grand nombre de morceaux, puis je les abandonne et j'en écris d'autres. Les gens autour de moi me disent " t'es fou ? Cette chanson doit figurer sur ton album !" Puis je leur montre qu'il y en a toujours une meilleure. C'est très difficile de faire tenir sur les 75 minutes que peux contenir un CD, mais nous essayons de faire avec.[...]. Composer est la chose est la chose la plus facile au monde car c'est comme si je n'avais rien a faire. Je n'aime pas dire cela mais c'est la vérité. Cette musique vient du ciel dans sa totalité, elle m'est envoyée ! Evidemment parfois je me met devant mon piano en pensant "je vais composer la plus grande chanson de tous les temps" , mais rien ne vient. Par contre, lorsque je marche dans la rue, lorsque je prend ma douche ou lorsque je m'amuse, il m'arrive souvent de trouver des mélodies. J'ai écrit tellement de chanson de cette manière. [...] Et j'entends absolument tout, les accords des cordes, la basse...
Michael Jackson, USA Today, Dec 2001.

 

Michael m'a carrément impressionné quand il s'est mi a jouer du piano et de la guitare !! Quel spectacle !! Pour l'enregistrement, on sait que c'est réussi musicalement quand Michael se met a danser à travers tout le studio d'enregistrement, cet instant est magique !!
Teddy Riley, interview de1991.

 

 

Michael Jackson est l'un des père fondateur de la musique urbaine. Quel artiste a vendu 57 millions d'albums avec thriller, et remporté 13 Grammys et 21 American Music Award ? Michael représente le rêve urbain ![...]. Qu'avez vous pensez d'Invincible ? Je l'aime, l'album me rappel le vieux Michael, mais je pense qu'il s'écoulera quelques années avant que les gens l'apprécie vraiment.
Emil Wilbekin, rédacteur en chef du magasine Vibe, 2001.

 

Quand tu travailles avec lui (Quincy Jones), tu as une liste de chose a faire et tu les fais. Tandis qu'avec Mike, il arrive que lorsque tu es en train de plancher sur un morceau, d'un seul coup, il t'arrête et commence a en écrire un nouveau ! [...]  La plupart du temps, je prépare les sons de mon coté, mais les 2 formules ont été utilisées. A New York, nous travaillons parfois dans 4 studios différents. Le staff avait installé un système complet de synthé dans 3 d'entre eux...  C'était dément, mais génial en même temps ! Michael était dans un autres endroit  en train de "Tracker"  ses vocaux ou de composer autre chose.[...]. Il produit de la façon dont j'aime à être produit. Il vous fait savoir lorsque vous êtes dans la bonne direction, il utilise une analogie avec Michel-Ange : Créer sans limites ! [...] On sait quoi faire avec lui, et il ne vous dit jamais quand ça ne va pas, seulement quand ça va ! C'est une énorme force positive lorsqu'on produit. Bruce Swedien est également présent, ils forment une véritable équipe. [...] Chaque fois que Michael m'envoi des bandes, il semble que tout est terminé ! [...] Pour le mixage, je crois que personne n'y assiste en dehors de Bruce Swedien et de Michael !!
Steve Porcaro, ancien membre du groupe TOTO, claviériste et programmeur sur Thriller.
Interview de 1995.

 


http://www.youtube.com/watch?v=5wBvKOD4Zm0

Lors de l'interview d'Oprah à Neverland, suivie en directe par plus de 100 millions de téléspectateurs, Michael va réaliser une improvisation incroyable de Who Is It. Son "Human Beat Box" (bruitage avec sa bouche) parait surréaliste et laissera l'industrie musicale sans voix !
Sony Music s'empressera d'ailleurs bien vite de sortir une version spéciale de Who is it, reprenant cette impro en introduction.

Michael Jackson, interview Oprah Winfrey, 10 Fev 93. http://www.youtube.com/watch?v=lgrDRR5yYm4

 


http://www.youtube.com/watch?v=eecoLLZPSBs

 

Je pense que James Brown est un génie. Il est incroyable. Je le regardais à la télé et je me fâchais contre les cameramens parce qu'ils montraient des gros plans de son visage au lieu de nous montrer ses pas de danse. Je me mettais dans tous mes états et je répétais: "Montrez-le! Montrez-le pour que je puisse apprendre!"
Michael Jackson,  interview Oprah Winfrey, 10 Fev 1993.

 

 

C'est ensemble que Michael et lui (Michael Peters) ont inventé la chorégraphie de Beat It en créant "la danse en triangle", une nouveauté chorégraphique conçue pour qu'il n'y ai plus de temps mort dans les chorégraphie de groupe, pour voir tous les danseurs. Aujourd'hui, chaque artiste qui danse en troupe, utilise cette façon de faire !
David L'hermitte, auteur de "Michael Jackson, l'homme Invincible"

 



"Michael Jackson, l'homme Invincible"
2007, Aux Etitions de la lagune.

http://forums.france2.fr/france2/livres/homme-invincible-sujet_3214_1.htm

http://www.amazon.fr/Michael-Jackson-David-l-Hermitte/dp/2849690821/ref=sr_1_1?ie=UTF8&s=books&qid=1201111216&sr=1-1

 

 

La musique abordée dans Moonwalk,
autobiographie de 1988.

 

 

 

Au fond, quand je pense à mon enfance, je ne me souviens que du travail, même si j'adorais chanter. [...] Je l'ai fais parce que j'adorais ça et parce que c'était aussi naturel pour moi que de respirer.

Je l'ai fait parce que j'étais poussé, non pas par mes parents ou ma famille, mais par une force intérieure qui m'entraînait dans le monde musical.[...]

Je me souviens quand ma mère me tenait dans ses bras en chantant "You Are My Sunshine" et "Cotton Field". Elle chantait souvent pour nous.[...] Elle aimait aussi Willie Nelson. Elle a toujours eu une voix magnifique. Je suppose que mon talent de chanteur vient d'elle, et de dieu, bien entendu.

 

Je me rappelle tous les théâtres : le Regal, l'Uptown, l'Apollo [...] C'était inouï le talent qu'on rencontrait dans ces endroits. La meilleure façon de faire son éducation dans ce métier c'est de regarder les maîtres au travail. Il y a des musiciens comme Springsteen et U2 par exemple, qui disent qu'ils ont tout appris dans la rue. Mais moi, je suis un homme de scène, et c'est sur la scène que j'ai appris, en regardant travailler les autres.

 

 

 

Berry Gordy insistait sur la perfection absolue dans le moindre détail. Je n'oublierai jamais sa persévérance. C'était son génie. En le voyant travailler, j'ai appris beaucoup, et je n'oublierais jamais ces leçons-là. Maintenant encore, je garde les même principes. Berry a été un grand professeur, un grand maître. Il savait trouver les éléments qui, au lieu de rendre la chanson "bonne", allaient en faire un tube. C'était magique, chez lui, ce don de saupoudrer tout ce qu'il touchait avec la poudre de perlimpinpin... et ça marchait ! [...] Quand il entrait dans la pièce ou l'on travaillait, il me demandait de changer telle chose, et aussitôt, ça sonnait mieux. Il était étonnant.[...] Walt Disney faisait la même chose. Il allait voir tous ses artistes et il leur disait :"a mon avis, ce personnage ne ressort pas assez."

 

J'ai toujours eu une voix douce et je n'ai pas de raison de la cacher en chantant tout le temps. Je n'ai pas cultivé, ni trafiqué le son de ma voix : elle est telle que Dieu me l'a donné, et c'est a prendre ou a laisser, c'est la mienne.[...] Je plaisante souvent en disant que je n'ai jamais demandé à chanter ou à danser, mais c'est vrai. Quand j'ouvre la bouche, la musique en sort, et je me sens béni d'avoir reçu ce don. J'en remercie Dieu chaque jour. J'essaie de cultiver ce qu'il m'a donné, je sens que quelque chose me pousse à le faire.

 

La musique était extraordinaire, et les rythmes, à couper le souffle. Quand nous sommes descendus d'avion le premier jour, nous avons été accueillis par une longue file d'Africains en costumes chatoyants, avec leur tambours et leur percussions. Ils dansaient tout autour de nous et c'est un spectacle que je n'oublierais jamais. Quelle merveilleuse façon de nous accueillir en Afrique !

Notre premier tour du monde nous avait donné le goût et l'envie d'unir les gens de toutes races grâce à la musique. Après tout, nous étions des musiciens noirs. Notre devise, c'était " la musique se fiche de la couleur de peau ".

 

 

"Don't Stop Till You get Enough" a une intro parlée, au dessus de la ligne de basse, en partie pour faire monter la tension et surprendre les gens avec le déferlement des cordes et des percussions.[...] Sur ce titre, je double ma voix à l'infini, comme si c'était un groupe qui chantait à l'unisson. J'ai écrit une voix très haute que moi même je n'arrivais pas a chanter, pour aller avec la musique que j'entendais dans ma tête, et les instruments ont remplacé le chant. La chute que Quincy a trouvée était fabuleuse avec les guitares qui jouent comme le Kalimba, le piano africain. Cette chanson est très importante pour moi, parce que c'est la première que j'ai écrite entièrement.

 

 

Kenny Gamble et Léon Huff sont de vrai pro et j'ai beaucoup appris sur la façon dont on écrit une chanson en les regardant travailler. Rien qu'en observant Huff au piano pendant que Gamble chante, on a tout compris sur l'anatomie d'une chanson. Kenny Gamble est un maître de la mélodie. C'est en le voyant créer que j'ai compris l'importance qu'il faut attacher à la mélodie.

 

"Heartbreak Hotel" était la chanson la plus ambitieuse que j'ai composée. J'avais travaillé sur de nombreux niveaux. On pouvait la danser, chanter, avoir peur, et l'écouter simplement. J'ai ajouté un final au violoncelle pour finir sur une notre positive et rassurer les auditeurs.[...] "Say Say Say" a été coécrit par Paul Mc Cartney, un homme qui savait jouer de tous les instruments que l'on peut trouver dans un studio, et qui savait transcrire chaque partition, alors que moi je ne savais pas le faire. Et pourtant, nous avons collaboré, d'égal à égal, et nous nous sommes bien amusés ensemble.

 

Depuis que je suis tout petit, j'ai ce don de pouvoir imiter n'importe quel danseur, rien qu'en le regardant faire ses gestes, une seules fois. Mais cette facilité fut la cause de problèmes inattendus avec mes partenaires.[...] Je ne comprenais pas pourquoi jusqu'au moment ou Diana Ross est venu me trouver et m'a expliqué que cela la mettais mal à l'aise.

 
 

Pour illustrer cela, regardez bien ce qui se passe à 0:55 sur cette vidéo, pendant l'interprétation du titre "Dancing Machine" fin des années 70 ...
Michael exécute pendant quelques secondes la "danse du Robot" à la perfection.  Hallucinant !
http://www.youtube.com/watch?v=8VWuVCvfsJ8&eurl=http://www.samples.fr/blog/

 

Je suis toujours surpris de constater que les gens prennent tout ce qu'on chante pour argent comptant, comme si on vivait réellement les histoires qu'on interprète. Il arrive qu'on chante des choses qui nous sont diamétralement opposées. Bien sur, il m'arrive d'écrire des chansons qui sont tirées de mon expérience, mais il suffi que j'entende ou que je lise quelque chose qui m'accroche pour en faire une chanson. L'imagination d'un artiste est son outil le plus précieux. Cela permet de créer des sensations, des sentiments, que les gens aiment avoir, ou bien cela peut vous transporter n'importe ou, simultanément.

 

Une petite surprise amusante quand on a découvert l'intérieur de la pochette de l'album : on a lu que la chanson "Blame it on the Boogie" avait été écrite par trois type d'Angleterre dont l'un d'eux s'appelait Michael Jackson. Coïncidence sidérante !

 

 

C'est dans l'écriture des chansons que réside la sève, le sang da la musique populaire. La créativité ne se mesure pas en heures de travail ou en système d'échelons, il s'agit là de l'inspiration et du désir de la faire aboutir.[...] La plupart de mes idées me viennent dans mes rêves.

 

Les amis de Quincy Jones le surnommaient " Q ", parce qu'il adore la cuisine au barbecue "BBQ".

Quincy est brillant quand il s'agit d'équilibrer un disque, de trouver le bon mix entre les tempos rapides et lents.

   

J'écris la chanson et la musique, et Quincy arrive à sortir ce qu'il y a de mieux de moi. Quincy écoute et propose les changements. Il me guide et il m'aide à créer et à inventer, à travailler sur de nouveaux sons, de nouvelles sortes de musiques.[...] Quand on se bagarre, c'est toujours à propos des trucs d'avant-garde, de la technologie la plus récente. Je lui dis :" Tu sais, Quincy, ma musique change tout le temps." Je veux le dernier son de batterie que les autres sont en train de créer. Je veux aller encore plus loin qu'eux. Et puis, nous y allons à fond, et nous faisons le meilleur disque que nous pouvons.

 

Ma musique préférée est éclectique. [...] Je me sens assez proche de différents styles de musique. J'aime certains rocks et certaines chansons country, des chansons pop, et les vieux disques de rock'n roll.[...]

 


J'aime la musique classique. Je suis fou de Debussy : "Prélude à l'après midi d'un faune" et "Clair de lune". Il y a aussi Prokofiev. Je pourrais écouter "Pierre et le loup" sans arrêt. Compland est un de mes compositeurs favoris. Ses sons de cuivres sont tellement extraordinaires : on le reconnaît dès la première mesure. "Billy the kid" est fabuleux. J'écoute aussi beaucoup Tchaïkovski. La suite de "Casse-Noisette" est une de mes oeuvre préférée. J'ai aussi une énorme collection de musique instrumentales pour spectacles.

 

Un musicien sait quand une chanson va faire un hit. Ca doit "tourner", sonner juste. Tout doit être parfaitement en place, c'est une sensation de plénitude, d'intense satisfaction. On le sait dès qu'on l'écoute. C'est ce que j'ai éprouvé avec "Billie Jean". Je savais que ça ferait un malheur pendant que j'étais en train de l'écrire.

Je suis allé dans la cuisine, et j'ai mis "Billie Jean" à fond. J'étais tout seul, la veille du show " Motown 25 " et j'ai décidé d'attendre que la chanson me dise ce que je devais faire. J'ai laissé la danse se créer toute seule ; et je l'ai véritablement laissée ME PARLER. J'ai écouter "le beat" monter. J'ai attrapé le chapeau d'espion et j'ai commencé à marcher et a prendre la pose, en laissant le rythme de "Billie Jean" créer le mouvement. Je me sentais poussé à laisser les choses se faire toutes seules. C'était plus fort que moi. J'ai eu beaucoup de plaisir à rester détaché, et à laisser la danse venir, comme inspiré par la musique.

 


 

Depuis que j'étais petit garçon, je rêvais de pulvériser le record du monde de vente de disque. Je me souviens que chaque fois que je plongeais dans la piscine, quand j'allais nager, je faisais un voeu avant de sauter dans l'eau.[...] Je me disais " mon rêve, c'est ça. C'est ce que je souhaite." Je crois aux souhaits et à la possibilité que nous avons de les réaliser. [...] Et un souhait est plus qu'un souhait, c'est un objectif qu'on se fixe. C'est quelque chose que votre conscient et votre subconscient peuvent vous aider à réaliser.[...] La mentalité "On fait ce qu'on peut" ne me convient pas du tout. Ce que je veux, c'est faire mieux, aller toujours plus loin, toujours plus haut. Je crois que nous avons un vrai pouvoir, mais que nous n'utilisions pas notre intelligence au maximum de nos capacités. L'esprit est assez puissant pour nous permettre d'atteindre ce que nous voulons. Je SAVAIS ce que nous pouvions faire avec ce disque (Thriller).

 

On peut ruiner un excellent album (Thriller) au mixage. C'est comme le montage d'un film. Aussi fragile. Pour cela, il faut prendre le temps de bien le faire.[...] Quand "Thriller" est sorti, la compagnie de disque a estimé qu'on en vendrait deux millions. Généralement, les maisons de disques ne croient jamais qu'un disque vendra plus que le précédent.

 

Je suis un grand admirateur de Michel-Ange et de la manière dont il a mis son âme dans son oeuvre.

Il savait qu'il mourrais un jour, mais que son oeuvre lui survivrait. On voit bien qu'il a peint la chapelle Sixtine avec son âme.

Un jour, il a même décidé de tout détruire et de tout recommencer parce qu'il voulait que ce soit parfait...

 


... Cette communication de l'artiste et du public se fait par l'émotion. J'éprouve la même chose avec la photographie. Une belle chose, émouvante, poignante peut dire autant que des centaines de pages.

 

 

A ce moment là, j'avais l'habitude de demander à ma soeur Janet de me suivre dans une pièce qui avait une acoustique intéressante, comme la penderie ou la salle de bains, et je lui chantais juste une note. Il n'y avait pas de paroles, rien. Je lui fredonnais seulement, du fond de ma gorge. Je lui disais : "qu'est ce que tu vois Janet, qu'est ce que tu vois quand tu entends ce son? " Et ce jour là, elle m'a dit : "Tu parles de l'Afrique. Tu parles des enfants qui meurent." C'est de là qu'est née la chanson "You Are The World".

 

Pourquoi cela a-t-il pris si longtemps pour faire "Bad" ?

 

La réponse, c'est que Quincy et moi avons décidez d'atteindre aussi près que possible la perfection. Un perfectionniste doit prendre son temps ; il sculpte et modèle son oeuvre jusqu'à ce qu'elle soit parfaite. Il ne peut pas la lâcher avant d'en être satisfait. C'est impossible.[...]

Nous avons travaillé longtemps sur l'album BAD. Des années. Pourtant cela a valu la peine parce que nous étions satisfait de notre travail, même si cela avait été difficile. Il y avait beaucoup de tension parce que nous sentions que nous étions en compétition avec nous-mêmes et c'est très difficile de se dépasser soi-même, parce que c'est inévitable, les gens vont toujours comparer BAD à Thriller.

Quand c'est parfait, ou presque, il faut le montrer, au bon endroit, au bon moment. C'est ça le secret.